dimanche 16 juin 2019

St Nicolas sur la voie Lycienne

Depuis le début de la saison, nous naviguons la Côte Turquoise.  Cette côte attire les touristes pour ses plages aux eaux azur, ses montagnes couvertes de forêt et ses cités antiques.  La Voie Lycienne, un sentier, de 500 km, longe la Côte Turquoise sur lequel sont parsemées les grandes cités antiques de la civilisation Lycienne que sont Tlos, Létôon, Myre et Xanthos, pour ne nommer que celles-là.  Très peu sont bien conservées, mais s'y arrêter un moment et lire des pans d'histoire de cette civilisation nous aident à comprendre des rites et coutumes qui marquent notre vie encore de nos jours.

Quelques randonnées sur des tronçons de cette voie nous ont conduit à quelques uns des sites, enfin ce qu’il en reste.  Ce qui a marqué notre imaginaire, se sont les tombeaux lyciens, ces sarcophages ont résisté aux intempéries des millénaires et qui ici, font partis du décor quotidien.  

On connais tous St Nicolas, mais d’où vient-il?  Je vous en parle un peu plus loin.



Une randonnée sur un bout de tronçon de la Voie Lycienne nous  conduit....

...au site du bain de Cléopâtre.  Parait-il quelle serait venue ici avec Marc-Antoine.

Un de nos mouillage préféré sur la Côte Turquoise - Wall Bay.

Un autre plaisir des mouillages sauvages, se réveiller au petit matin, au son des clochettes       des chèvres.

Fethiye, ville moderne le long de la côte. 


Pour les navigateurs que nous sommes, nous apprécions Fethiye pour son méga marché.

Tout près de Fethiye, la ville fantôme de Kayaköy.  Une ville habitée à l'époque par une population grecque.  En 1923, année de la création de la Turquie telle que nous la connaissons aujourd'hui, c'est l'échange des populations.  Les Grecs habitant la côte turque sont expédiés en Grèce et les Turcs vivant en Grèce sont rapatriés en Turquie. Tout le long de la côte turque on retrouve de ces villes qui ont subit l'échange de population.  Celle-ci ne fut jamais repeuplée et est aujourd'hui classée site historique.  
Il y avait 4000 habitations.  On voit ici la cathédrale et les maisons à l'arrière.  Un très beau site avec vue sur la mer, mais quelle désolation.  Combien de vies furent brisées?

Kas, station balnéaire, village moderne, construit sur une cité antique.  Nous étions à quai dans le petit port où les artistes locaux expriment leur talent.

Les tombeaux Lyciens que l'on retrouve dans la nature tout au long de la côte près des citées antiques. 
Myre, un des sites les mieux conservé de la Côte Turquoise.  Les tombeaux creusés à même le roc sont impressionnant et le théâtre très bien conservé. 


Saint Nicolas, on le sait tous est l'ancêtre du Père Noël.  Il est né en Lycie, dans un village voisin, de Myre où il fut évêque à l'époque byzantine. L'histoire raconte que saint Nicolas était un homme très généreux et donnait aux familles dans le besoin. Voulant rester dans l'anonymat, il est monté sur le toit d'une maison d'une famille nécessiteuse et a glissé dans la cheminée un sac d'or.  Quelle ne fut pas la surprise de la jeune fille de la maison qui était à faire sécher ses bas devant la cheminée de voir son bas se remplir d'or.  Une histoire qui a légitimé le bas de Noël toujours suspendue à nos cheminées de nos jours.   

Nicolas a terminé sa vie, martyre en 655.  L'église Saint-Nicolas située à Demre à 2 km de Myre, attire aujourd'hui de nombreux pélerins.  Ses ossements qui reposaient dans la basilique, furent volés et reposent quelques part en Italie.



Nous sommes toujours en Turquie et quittons sur la Grèce dans les prochains jours.  Cap sur le sud des Cyclades, un coin que nous connaissons bien et dont j'ai parlé à quelques reprises.  

mercredi 5 juin 2019

Kastellorizo

Kastellorizo, île grecque, isolée, du sud du Dodécanèse.  À peine à 2km de la côte turque, elle est à 80km de Rhodes sa voisine grecque la plus rapprochée.  Ici on l’appelle Megisti et elle compte un peu plus de 400 habitants.  On pensait y retrouver une influence d’orient, mais dès notre arrivée la joie de vivre grecque se fait sentir.

On s’y rend en traversier pour la journée.  Pourquoi ne pas y aller avec Méridien, me direz-vous?  Trop de paperasse, formalités de sortie turque, d’entrée grecque et même procédé de retour en Turquie.  À moins de quitter sur Rhodes, le temps perdue à faire les formalités et le coût à débourser, n’en valait pas la peine, puisque nous poursuivons notre route sur la côte turque.

Je vous parle brièvement cette toute petite île où beaucoup d’événements se sont déroulés depuis l'époque révolue où elle jouait un rôle économique important sous la domination ottomane.  En 1923, lorsque la Turquie devient telle que nous la connaissons aujourd’hui, l’île passe à la Grèce.  En 1928, elle est cédée aux Italiens qui oppriment les habitants qui fuient en Australie.   Durant la deuxième guerre mondiale l’île est bombardée, les gens fuient à nouveau et ceux qui reviendront, repartiront car tout n’est que ruines.  On dit que l’île ne s’est jamais remise des départs de sa population.  Triste histoire pour une si petite île n’est ce pas?  À notre arrivée, la tranquillité du charmant petit port et ses maisons restaurées aux couleurs vives, son eau limpide et son soleil nous font oublier ces misères et gagne notre coeur.


Mais, on revient vite à la réalité, car je ne peux passer sous silence que la veille de notre visite, l’île a recueilli 43 réfugiés à la dérive.  Inévitablement, nous les avons croisés.   Beaucoup de jeunes hommes à l’allure plutôt arrogante et quelques familles.  Le choc pour nous fut le regard des enfants.  Bien vêtus, mais la tristesse, la peur et la détresse de leur regard en disait long et nous a grandement ébranlés.  Depuis le début de la saga des réfugiés, l’île a accueilli 12 000 réfugiés, c’est beaucoup compte tenu d’une si petite population.  


Nous montons à la forteresse qui donne un beau coup d'oeil des deux versants de la colline.  À droite, Kastellorizo et son petit port.
Versant gauche, Mandraki, petit quartier satellite du petit port.
Voilà vous avez fait le tour.
L'objectif principal de la visite: visiter la grotte Bleue.  Voici l'entrée au centre de la photo sous la roche. Et oui, nous y sommes entrés avec le petit bateau d'excursion.

La grotte atteint 35 m de hauteur.  Les seuls rayons de soleil passent par l'ouverture de l'entrée et font miroiter l'eau d'un bleu profond.  La grotte héberge des phoques, mais pas de chance pour nous.





On se contorsionne à nouveau pour en sortir.
Vraiment magnifique à voir.
Pas de plage sur Kastellorizo, mais piscine naturelle sur l'îlot voisin Agios Georgios.  André fait la baignade avec de belles Italiennes 

Que serait un îlot sans sa chapelle? Agios Georgios bien sur.


De retour au petit port.

Les tortues de mer canouanes, viennent y faire un tour.

Voici un aperçu de près de l'ambiance qui s'y dégage.

Je devais en choisir une parmi la bonne douzaine que j'ai prise.

Rose sur ros,e c'est éblouissant.

Il faut bien se sustenter, mais l'odeur attire toujours les chats qui attendent patiemment leurs restes.

dimanche 26 mai 2019

Saklikent

La gorge de Saklikent était sur notre liste : “À voir” - depuis notre première saison en Turquie.  Sa longueur de 17 km en fait le canyon le plus long de la Turquie.  Cette étroite fissure dans la montagne est tellement profonde, que les rayons du soleil, n’atteignent pas toujours le lit de la rivière.  

L’intérêt de cette gorge est surtout de la visiter durant la chaleur torride de l’été.  On marche sur le lit de la rivière, eau à hauteur de chevilles, sur une distance de 2 km, où on atteint une cascade où il fait bon se rafraîchir.  Le canyon accueille de trois à cinq mille personnes durant les chaudes journées d’été, mais en ce mois de mai nous étions 50 tout au plus.

Tôt en saison, l’eau est encore haute, il y a un fort courant et on nous dit que ce n’est pas sécuritaire de s’y hasarder.  De plus, il est impossible d’atteindre la cascade, car plus haut,  l’eau atteint la hauteur des aisselles et le débit de l’eau rend l’accès impossible.  Par contre on peu faire une distance de 700 mètres avant ce point.  


On tergiverse un peu, une ou deux personnes s’y hasardent, et on en voit quelques uns revenir.  On y va, on y va pas, mais on est là et on sait qu’on n’y reviendra pas.  Donc on ne joue pas les téméraires et un guide nous accompagne.  Je dois dire qu’il a pris ma caméra en charge au départ, heureusement de beaux moments à partager.


Une passerelle de bois enjambe la rivière pour les premiers 200 mètres.

Au bout de la passerelle, c'est le point de départ.

La façon de s'y prendre, se tenir par la main à la queue leu leu pour ne pas perdre pieds.  


À quelques reprises on peu sortir de la rivière, le marbre est lessivé et tout doux.   

Tout juste de l'autre coté, la profondeur nous attend et le torrent gronde.  Nous sommes satisfaits de notre randonnée.

Au retour, pas plus facile, le courant nous pousse, toujours les cailloux sous les pieds et surtout il ne faut pas tomber.  L'eau à quelques reprises est montée jusqu'à la taille, oui c'était très froid et même glacé. 
Notre guide Ali, il connaissait bien le fond de la rivière et nous a facilité la randonnée, on y serait jamais arrivé seul.  Les sans guide faisaient demi-tour.

Le repos du guerrier.  

dimanche 19 mai 2019

Dix ans déjà!

De retour à Marmaris depuis le 10 avril, je ne peux passer sous silence le fait que nous entamons notre dixième année de navigation.  Que le temps passe vite et bien que la vente de Méridien commence à nous effleurer l’esprit, on  tente de garder Méridien encore quelques années.

À notre retour à Marmaris, nous constatons que l’hiver 2018/2019 fut difficile à Marmaris Yacht Marina.  Une tornade en novembre dernier et de forts vents en février ont secoué la marina qui se remet tant bien que mal de ces avaries. Comme chez nous, après les catastrophes on se retrousse les manches et on reconstruit.  

Heureusement, Méridien s'en est sorti indemne.  Le rituel habituel de la mise à l’eau a donc repris de plus belle dès notre arrivée.  Cette année, des rencontres sociales, ont agrémenté nos soirées, durant lesquelles, nous avons fait la connaissance de nombreux navigateurs.   

Vous vous souviendrez, la saison dernière s'est terminée par un génois déchiré et la délimitation de la grande voile.  Cette année : nouvelle voile oblige.  Pour les connaisseurs, nous sommes passés de North Sails à UK  Sailmaikers.  Un peu inquiet de cette transition, nous en sommes à date enchantés.

C’est donc le début d'une dixième année.  Le froid a régné tout le printemps à Marmaris, rien à voir à l’hiver et aux crues qui se sont éternisées chez nous me direz-vous, mais beaucoup plus froid que les précédents que nous avons connus en Méditérranée.  

Méridien a levé l'ancre depuis tout juste une semaine.   Nous longeons la côte turquoise de la turquie - direction sud.   Nous comptons y naviguer jusqu’à la mi-juin, où nous traverserons sur la Grèce.  Pas de plan défini à l'horizon, sauf la visite d’amis au tout début juillet.

Voici donc quelques photos de notre début de saison et de nos premiers arrêts. Enfin, on peut dire que la saison est commencée.

La tornade de novembre ou les grands vents de février ont brisé les indicateurs de vent, seule petite séquelle de ce mauvais temps.  Nous nous comptons bien chanceux, d'autres l'ont moins été. Ghyslaine se paye une montée en tête de mât afin de remplacer les indicateurs de vent.


André en profite pour terminer la housse de l'annexe qu'il avait entrepris l'an dernier.
De belles voiles neuves et blanches.

Des membres de l'équipe de UK Sails est à fignoler les dernières retouches au couvre grande voile.  De la haute couture.

Une sortie avec l'équipe de UK Sails, afin de faire une mise au point des voiles.  Ces habitués de la régate nous font atteindre 13 noeuds.
Nous quittons la marina, direction Ekinçik, au sud de Marmaris.  Un havre de paix.

Un retour à la nature et aux arbres fruitiers.

Tout près d'Ekinçik, Kaunos, fondée au IXe siècle avant J.-C.. Les ruines sont envahies par la nature et offrent aux moutons un beau pâturage.
L'accès à Kaunos se fait par bateau et pour s'y rendre il faut passer par les méandres de la rivière Dalyan.  
Le passage en bateau devant les tombeaux royaux, est spectaculaire.

Nous poursuivons notre route jusqu'au lac Köycegiz, où la nature est reine.  Ici on préfère les bords de mer au lac intérieur.

Tout à l'opposé du lac Köycegiz, à l'entrée de la rivière Dalyan, une magnifique bande de sable, lieu de nidification de la tortue de mer, Caouanne,   Bien que protégée, la plage Itzuzu est prisée des vacanciers mais heureusement accessible seulement par bateau.