jeudi 13 août 2015

La Croatie

Nous arrivons le 9 juillet à Cavtat au sud de la Croatie, suite à un 24 heures rock & roll de navigation en provenance de l’Albanie.  Cavtat est un port d'entrée.  À l’arrivée il est obligatoire de s’attacher au quai des autorités où un préposé, nous souhaite la bienvenue et nous perçoit 20 00$ pour prendre les amarres (ancrage à la méditerranéenne tout de même) et nous donne des renseignements concernant les formalités, information que nous savons déjà car tout est inscrit dans le guide de navigation.  La procédure d’entrée est formelle et stricte.  L’immigration vérifie la documentation du bateau et nos passeports.  Étape suivante - les autorités portuaires.  Une taxe de séjour - 150 00$ et une taxe de navigation 140 00$.  (Les coûts sont en dollars canadiens afin de vous simplifier le calcul du kuna).  Selon capitaine André, les agents à l’immigration et les autorités portuaires sont les plus antipathiques rencontrés à ce jour.   Bienvenue en Croatie.  

Oublions les formalités.  Cavtat fut pour nous un choc esthétique, c’est charmant, tout est beau et harmonieux.  Montagnes en fond de décor, baies aux eaux limpides, forêts verdoyantes, odeur de sapin, coquettes maisons blanches aux tuiles orangées, tout est propre et ordonné. 

Nous passons quelques jours à Cavtat et Dubrovnik et débutons par le chapelet d’îles, des Elaphites, le long de la côte Dalmatienne. Quatorze îles, dont seulement trois sont habitées.  Très sympathiques, petits villages saisonniers où chambres et petites maisons sont à louer, le tourisme de masse lui, s’y rend en bateau d’excursion à la journée.  On se dit privilégiés d’y aller à notre rythme.  

L’île de Mljet, fait 37km de long sur 3km de large et près de la moitié est un parc national.  La forêt est dense et ici l’odeur du sapin nous titille les narines.   Grâce au canal creusé par les moines bénédictins qui s’y sont installés aux 12e s., l’île s’enorgueillit aujourd’hui d'un lac salé qui fait le bonheur des touristes.  Merveilleux endroit pour la randonnée et le vélo mais à 35C, c’est chaud. 

Nous jetons l’ancre à Korcula devant Otok Badija et catastrophe!  Dans un premier temps, nous pensions que la chaîne d’ancre s’était coincée car nous étions sur fond rocailleux.  Malheureusement, il a bien fallut se rendre à l’évidence une fois le guideau démonté.  De nombreuses pièces internes étaient usées, Lofran a rendu son dernier souffle.  Deux pensées nous viennent à l’esprit.  Ouille le porte-monnaie!  Où et combien de temps faudra-t-il pour le remplacer?  Pour les non-navigateurs, cela veut dire que nous sommes immobilisés à cet endroit, car il est pratiquement impossible de remonter la chaîne et l’ancre manuellement.  

Heureusement, après vérification de l’ancre, celle-çi est bien accrochée, nous sommes dans 15 pieds d'eau (ce qui est souvent rare en Croatie).  De plus, si le vent souffle, nous sommes protégés par une ceinture d’îles.  Donc, faisons court.  Nous trouvons à la ville de Korcula un atelier de réparation/service de bateaux, dont la dame, Marina, a été d’une gentillesse inoubliable et d’une efficacité incroyable (cela nous a réconcilié avec la gentillesse des Croates (air bête des autorités).  Trois jours et nous avions le Lofran.

Nous sommes donc restés quatre jours dans ce mouillage idyllique (la chance dans notre malchance) à attendre notre pièce. Il faut toutefois être honnête et préciser que le mouillage était idyllique entre 19:00hrs et 10:00hrs.  Durant la journée, un va et vient de bateaux de toutes sortes brisait l’ambiance pastorale de l’endroit.  Nous en avons profiter pour rayonner avec l'annexe autour des îles environnantes et profiter de Korcula ville. 

Quai des autorités portuaires à Cavtat - Bienvenue en Croatie
Port de Cavtat 
Randonnée dans les alentours.  Cavat au fond à droite et Dubrovnik tout au fond.
Premier arrêt aux Elaphites - Otok Kolocep
Toujours aux Elaphites - Otok Sipan - Endroit où nous avons croisé des gens de l'Outaouais, tellement contents que nous étions de parler la langue de chez-nous.
Otok Mljet - Site du monastère des moines bénédictins sur le lac salé.  Site enchanteur.
Korcula ville - un mini-Dubrovnik.
Saviez-vous que Marco Polo est né à Korcula?
On reconnaît bien les caractéristiques de la ville forteresse 
Beau mouillage à Otok Bajida.  Aux pieds des montagnes, devant un monastère franciscains et dans une eau turquoise. 
Ballade sur Otok Bajida
Ballade dans le vignoble GRK au sud de Korcula.  En passant la Croatie fait de très bon vin.
Le puit d'ancre attend la mise en place du guideau neuf.

samedi 25 juillet 2015

Dubrovnik - Du plaisir pour les yeux

De toute beauté cette ville forteresse. Que de l’harmonie, de l’esthétique et du plaisir pour les yeux. Cette pointe de roche, ceinturée de remparts et baignée par la mer est un vrai petit bijou.  Durement éprouvée durant la guerre de 91/92, les séquelles n’y paraissent presque plus. La ville s’est reconstruite.  Mais à quel prix!  

Toits scintillants, ruelles étroites, jardins de verdure, places aux pavés lustrés, palais, musées, monastères, églises.  Quel patrimoine architectural! Que du beau!  Mais quel dommage, la ville se vide de ses citoyens. Ils ont déjà été 6000, ils sont maintenant moins de 1000.  Une belle ville sans âme mais frétillante de touristes.  Le rez-de-chaussée de la platza (rue principale) n’est que panoplies de boutiques et les rues transversales ne sont que restaurants.  On note que les habitations sont occupées par des touristes. 

Le coût et l’entretien des maisons/édifices plus que centenaires (surtout quand il faut passer par l’Unesco) y sont pour quelque chose.  De plus, imaginez des milliers de badauds circulant dans votre cours au quotidien tout en agrémentant vos soirées/nuits de tapage nocturne!  C’est souvent le prix à payer lorsqu'on vit dans une ville d'une telle renommée.  

Il faut voir Dubrovnik comme un musée à ciel ouvert et vous ne serez pas déçu. 

Les photos parlent d'elles-mêmes, alors pas de commentaires sauf pour quelques unes. 

 






 

Les remparts ceinturant la ville font 2 kilomètres, vraiment une belle promenade 


La platza, artère principale
Fontaine d'Onofrio achevée en 1438, qui servait de réservoir d'eau à l'époque 


Palais du recteur, devenu musée




dimanche 19 juillet 2015

Arrêt en Albanie

Un saut de puce de Corfou et nous voici à Sarandës en Albanie.  Nous nous y arrêtons question de sortir de la zone CEE, afin de remettre le compteur de Méridien à zéro.  J’ai déjà mentionné, que les bateaux étrangers peuvent naviguer un maximum de 18 mois dans la zone CEE. Si les propriétaires dépassent cette période et se font pincer par les autorités, ils sont tenus de payer la VAT sur la valeur du bateau.  La date butoir de Méridien est décembre 2015, alors que Méridien sera en Grèce, nous nous devions de remettre le compteur à zéro avant notre départ cet automne.    

Étant donné que l’Albanie tente de s’ouvrir au tourisme nautique nous ne savions trop à quoi nous attendre.  Les formalités se sont bien déroulées.  Le guide de navigation, réfère le nom d’un “agent” que nous avons contacté par courriel, et prévenu de notre arrivée.  Il a pris en charge les formalités et s’est occupé de les faire compléter par les autorités du port, de l’immigration et de la douane.  Une heure et tout était réglé au coût de 70.00Euros y compris une nuit à quai.  Le coût des nuits suivantes s’élevaient à 30.00Euros.  Presqu’une aubaine!   

Que vous dire de l’Albanie?  Pays au nord de la Grèce, qui comptent 4 500 000 habitants et qui tente de prendre sa place sur la mer Adriatique.  Un pays qui vit principalement de l’agriculture, de l’exploitation de ressources naturelles et où la langue est l’Albanais.  

Depuis le début des temps l’Albanie a subit de multiples invasions, dont quatre siècles d’occupation Ottoman qui en ont fait un état musulman et rendu l’Islam obligatoire.  En 1912, fini les Pachas et les Sultans, l’Albanie devient autonome.  Durant la première et la deuxième guerre mondiale, encore de nombreuses occupations et en 1945, Enver Hoxha, leader communiste Albanais prend le pouvoir et le gardera jusqu’à sa mort en 1985.   Sortir de quatre cents ans d’islamisme et quarante de communisme - on vient de loin n’est ce pas?  Le régime communiste encourageait fortement la population à délaisser la religion, ce qui fait de l’Albanie est devenue un pays agnostique.  D’ailleurs, mosquées, synagogues et églises sont absentes du décor.

Depuis 1992, le pays a un système électoral et est devenue une démocratie.  Deux partis se partagent le pouvoir un parti socialiste et un parti démocratique.  Le pays tente de s’ouvrir de plus en plus sur l’extérieur et ses relations diplomatiques sont à la hausse.  Sa demande de joindre la Communauté Européenne est en attente.  

Nous n’avions aucune attente de ce pays et ce fut une très belle découverte.   Sarandës, où nous étions, est la station balnéaire du pays.  N’acheter surtout pas vos billets pour venir vous prélasser sur ses plages, mais c’est un pays qui vaut la visite pour le voyageur qui aime fréquenter les endroits qui sont hors des sentiers battus et où l’industrie touristique n’a pas encore fait ses ravages.   

Voici un aperçu de la ville de Sarrandës et de sa promenade qui entoure la baie
Visite au parc national de Butrint.  Très beau site archéologique situé sur une péninsule entourée d'eau.  Le site est classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco.
Ce site fut habité aux cours des siècles par les Grecs, Romains, Vénitiens et Ottomans.
Chaque période y a laissé sa marque.  
Une visite à Gjirokastra nous permet d'apprécier le paysage albanais - montagnes et plaines
Le centre historique de Girokastra, est classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco.  Sa particularité, l'architecture typique de la période ottomane bien conservée.
Une visite au château qui surplombe la ville s'impose.   

Le centre historique autour du château est remarquable par ces maison à tourelles construites au XVIIs. par de riches propriétaires terriens.  De vrais maisons forteresses.

Les étages du rez de chaussée sont sobres mais celles plus élevées devaient être d'une grande beauté à l'époque. 

Boutiques d'artisanat dans le bazar du centre historique 

Lunch aux spécialités albanaises.  Salade grecque, boulettes de riz aux fines herbes avec sauce yogourt/fromage et boulettes de viande dans une sauce poulet.

  La Korça est brassée dans la ville du même nom, Tirana est la capitale de l'Albanie.

Le bazar dans le centre historique.
Il n'y a pas de marina à Sarrandës.  On s'amarre entre les traversiers qui vont et viennent, alors on ne peut s'y attarder trop longtemps.  De plus par gros temps l'endroit n'est pas super protégé, mais nous y étions par temps magnifique.

En quittant Sarrendës, Aghim, l'agent qui s'est occupé des formalités d'entrée et de sortie nous a offert une bouteille de vin.  Quelle gentillesse.  En général nous avons trouvé les gens de la rue forts sympathiques.

En terminant, tout en vous épargnant les détails, nous avons fait la connaissance d'une jeune femme (ingénieure) qui avec son conjoint et petit garçon viennent habiter au Canada début septembre.  Cela leur prend beaucoup de courage de tout laisser derrière eux, et on sentait l'inquiétude chez la jeune femme.  Le taux de chômage et la pauvreté en sont la cause.  

Nous sommes en Croatie depuis une semaine, de toute beauté.  
À la prochaine.